Activités de déforestation illégales, autorités corrompues, menaces : quels droits pour les peuples autochtones de Papouasie Nouvelle-Guinée? Anne Kajir s’est saisie de l’affaire !
Au cours de ses études de droit, Anne Kajir est témoin des conséquences de la déforestation illégale sur les communautés de Papouasie Nouvelle-Guinée vivant dans les forêts et les habitats qui leur permettent de vivre. Bien que la constitution de son pays garantisse les droits terriens des communautés vivant traditionnellement dans les forêts, la réalité est bien différente. Elle a ainsi découvert que ces populations sont constamment menacées par les compagnies d’exploitation forestière, parfois même avec des armes pour renoncer à leurs droits.
Depuis, elle soutient les propriétaires coutumiers dans leur combat contre les compagnies multinationales d’exploitation forestière. Dès sa première année en tant qu’avocate en 1997, elle gagne un procès historique au cours duquel la Cour suprême condamne pour la première fois l’industrie d’exploitation forestière à dédommager les propriétaires fonciers autochtones à hauteur d’un montant d’un million de dollars.
Anne Kajir n’hésite pas à dénoncer la corruption et la complicité du gouvernement de son pays dans le développement de l’exploitation forestière illégale qui détruit la zone de forêt tropicale la plus importante de la région Asie-Pacifique. « La Papouasie Nouvelle-Guinée est connue pour sa corruption, qui imprègne tous les niveaux de la société. Cette corruption est alimentée par la cupidité des compagnies multinationales qui veulent à tout prix voler les ressources de leurs gardiens traditionnels. »
Ce combat la place dans une situation de danger permanent : elle est ainsi attaquée physiquement plusieurs fois et reçoit même des menaces de mort. De plus, son domicile est cambriolé dans le but de voler ses dossiers juridiques alors même qu’elle et son fils dorment. Mais cela n’entame pas sa détermination : « Voir qu’ils sont traités si mal – forcés de signer des contrats sous la menace d’une arme, battus par la police qui est supposée les protéger – je ne peux pas le supporter ».
Son activisme est récompensé en 2006 par le Prix Goldman, le prix le plus prestigieux pour les défenseurs de l’environnement. A cette occasion, elle a interpelé l’assistance sur la nécessité d’agir. « Comment peut-on appeler développement quand les terres sont violées pour le profit et au bénéfice d’un petit nombre ? C’est du développement quand notre pays doit supplier la communauté internationale parce que nos ressources naturelles sont exploitées et notre population laissée sans ressources ? »
Anne Kajir fait actuellement partie de la direction du Centre de droit de l’environnement à Port Moresby. Elle est également l’avocat principal dans une affaire examinée par la Cour Suprême qui vise à mettre un terme aux activités de déforestation illégales de grandes compagnies qui sont souvent accompagnées de menaces envers la population autochtone si elle cherche à s’y opposer.
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