Les femmes du monde unies pour le changer
Chandrika Kumaratunga

Chandrika Kumaratunga

Sri Lanka

Présidente du Sri Lanka (1994-2005)

Un pays où la guerre civile faisait rage entre gouvernements et nationalistes tamouls… Un modèle familial d’engagement politique… Le destin de Chandrika Kumaratunga semble gravé dans le marbre : chercher un chemin de paix dans un monde de violence.


En novembre 1994, Chandrika Kumaratunga devient la première sri-lankaise Présidente. Pendant ces onze années à la tête du pouvoir, elle œuvre pour instaurer la paix dans ce pays où la guerre civile sévit depuis 1983. Le conflit oppose les deux principales ethnies sri lankaises, les Tamouls d'origine indienne et les nationalistes Cinghalais. En 1995, elle parvient à faire signer un cessez-le-feu qui dure quatorze semaines. Mais ses tentatives pour trouver une solution au conflit échouent et les combats reprennent. Elle sera même victime en 1999 d’une tentative d’assassinat perpétrée par les Tigres Tamouls. Elle y perd l’œil droit. Après sa réélection, elle tente à nouveau d’établir les bases d’une négociation avec les rebelles sous la médiation d’émissaires norvégiens. Mais les lourdes défaites que l’armée cinghalaise essuie à ce moment là ruinent tous ses efforts.


Pour Chandrika Kumaratunga, la participation politique a toujours été une affaire de famille marquée par la violence. Son père a occupé le poste de ministre puis de Premier Ministre dans les années 1950. Après son assassinat en 1959, c’est sa mère qui dirige le pays, devenant ainsi la première femme à occuper le poste de Premier Ministre. Le mari de Chandrika Kumaratunga a également mené une carrière politique avant d’être assassiné en 1988. Avant d’arriver à la présidence du Sri-Lanka, le parcours politique de Chandrika Kumaratunga l’a conduit en 1993 au poste de Ministre en chef de la province de l’Ouest du Sri Lanka. Puis, en 1994 elle est élue Premier Ministre du gouvernement de l’Alliance du Peuple.


C’est dans ce contexte familial et politique, que Chandrika Kumaratunga construit son intérêt pour le développement de son pays et des pays du sud en général. Aussi, après des études de sciences politiques à Paris, elle dirige la Commission de la réforme agraire du pays dans les années 1970. Par la suite, elle préside la Commission Janawasa qui a pour objectif de mettre en place des fermes collectives. A la même période, elle intègre un groupe d’experts de l’Organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture. En 1988, elle intègre l’Université des Nations unies au Royaume-Uni et son Institut de recherche pour le développement économique.


En 2005, après deux mandats, Chandrika Kumaratunga ne peut se représenter. En bilan de son expérience, elle déclare : « J’ai essayé sincèrement de parvenir à un consensus pour résoudre la question ethnique, et d’introduire une constitution pluraliste qui pourrait pourvoir aux aspirations politiques du peuple Tamoul sans diviser le pays. ».


Chandrika Kumaratunga est aujourd’hui une militante engagée dans le respect des droits humains, particulièrement dans celui du droit des femmes, et œuvre pour la paix. Elle a créé une fondation pour soutenir des actions concrètes et participe activement aux actions de la Fondation Clinton qui vise à trouver des solutions innovantes aux enjeux planétaires.

 

 

Les femmes dans la guerre

 

 
 
  • Les femmes sont exposées à de nombreux dangers pendant un conflit dont le viol (dans l’est de la République démocratique du Congo, 70 femmes sont violées chaque jour) entrainant des traumatismes, un risque de transmission du Sida plus élevé et une marginalisation des femmes au sein de leur communauté. Le viol est même utilisé comme une arme de guerre remettant en cause la « pureté ethnique » de la population ennemie. 

  • A cause des conflits, le nombre de réfugiés ne cesse d’augmenter et parmi eux les femmes représentent une population fragile. La vie dans les camps réduit leur accès aux services essentiels (santé et éducation) : ainsi les taux de mortalité maternelle et infantile restent élevés dans les camps.
     
  •  Les femmes se retrouvent souvent chefs de famille : elles ont la responsabilité de trouver la nourriture et d'élever les enfants. Or, dans les camps, elles sont victimes de discriminations lors des distributions de denrées et de fournitures, et sont exposées aux risques liés à la sécurité. Elles hésitent d'autant plus à en parler que la majorité des dirigeants des camps sont des hommes. 

    Sources : International Crisis Group - Haut-commissariat des Nations unies pour les Réfugiés.
     
 
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