Les femmes du monde unies pour le changer
L'APPEL
POUR CHANGER LE MONDE AVEC LES FEMMES

Plan d'action mondial


PLAN D’ACTION MONDIAL
 


Gouvernements de tous les pays :
des actes maintenant !




5 actions concrètes à mettre en oeuve


 

I - RENFORCER LE ROLE DES FEMMES DANS LA SOCIETE

 

1. Mettre en place les outils juridiques adéquats afin que 50 % des parlementaires de chaque pays soient des femmes


2. Favoriser de façon systématique et significative - à travers l’aide publique au développement - l’émergence et le renforcement des organisations de femmes œuvrant pour la construction d’un monde respectueux de la planète et de ses habitants.


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Le faible poids des femmes dans nos sociétés

«Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d'égalité, aux fonctions publiques de son pays».

Cet article de la Déclaration universelle des droits de l’homme signée par tous les Etats membres de l’ONU ne se vérifie pas en pratique. Dans tous les pays, les femmes sont encore écartées des prises de décision à haut niveau : ainsi, seuls 14 Chefs d’Etat ou de gouvernement sur 342 en exercice sont des femmes. L’absence de parité perdure également au sein des assemblées législatives : en moyenne 23% de femmes députées dans les pays développés, 17% en Asie du Sud-est, 18% en Afrique sub-saharienne ou 8% en Afrique du Nord. Au niveau local, la participation des femmes demeure insuffisante au regard du rôle important que ces dernières jouent au sein de leur famille et de leur communauté.

La sphère économique n’est pas davantage favorable pour les femmes : que ce soit dans les pays développés ou les pays en développement, les postes à responsabilité restent réservés le plus souvent aux hommes. Selon le Fonds de développement des Nations unies pour les femmes (UNIFEM), en Asie du Sud, une femme sur 55 occupe un poste supérieur dans une entreprise, alors que pour les hommes la proportion est de 1 sur 8. Les femmes sont également plus touchées par le chômage et l’emploi précaire et restent toujours moins bien payées que les hommes (22% de moins dans les pays en développement).


Les femmes actrices de changement de nos sociétés

« Au cours des deux prochaines décennies, la responsabilisation économique et politique des femmes pourrait transformer le paysage mondial ».

Ce constat établi par l’agence de renseignement américaine témoigne du rôle important que les femmes sont amenées à jouer dans la sphère économique notamment. Ainsi, l’exemple de l’Inde démontre que les Etats qui ont une proportion importante de femmes actives connaissent les reculs les plus significatifs du niveau de pauvreté.

L’éducation des femmes joue un rôle essentiel pour lutter contre la pauvreté et favoriser le développement. En effet, l’allongement de la scolarité des femmes coïncide avec l’adoption de méthodes agricoles plus productives et avec une diminution de 43% de la malnutrition. De plus, en permettant aux filles d’étudier une année supplémentaire, on augmente leurs revenus futurs de 10 à 20%. Par ailleurs, elle favorise la baisse du taux de natalité (de 5,3 à 3,9 enfants par femme lorsque la proportion de femmes ayant fait des études secondaires double) et la prévention des maladies grâce aux mesures d’hygiène enseignées.

Enfin, des femmes éduquées faciliteront l’éducation des générations suivantes puisque comme l’a souligné le Dr J. E. Kwegyir Aggrey « éduquer un homme, c’est seulement éduquer un individu, mais éduquer une femme, c’est éduquer toute une famille. »

« La grande force des mouvements de femmes est leur aptitude à […] faire valoir non seulement que les choses doivent changer mais qu’elles peuvent changer. »
Jody Williams, Prix Nobel de la Paix, rappelle par là l’influence potentielle des femmes si elles participent activement dans la sphère politique. En effet, leur participation doit permettre d’orienter les politiques publiques en faveur de la santé, de l’éducation, de l’environnement et du développement durable.

Le Centre international de Recherche sur les Femmes rappelle que lorsque les hommes ont une somme d’argent supplémentaire à leur disposition, ils vont l’utiliser pour investir dans leur travail, le commerce ou les loisirs. Les femmes, au contraire, vont privilégier l’achat de nourriture et d’aliments plus nutritifs, le paiement des frais de scolarité ou de santé.
Ainsi, des pays comme la Suède ou le Rwanda, qui comptent de nombreuses femmes parmi leurs décideurs politiques, accordent une plus grande importance aux questions de société comme la santé.
L’agence de renseignement américaine conclut : « Si cette tendance se confirme dans les quinze à vingt prochaines années, un nombre croissant de pays pourraient accorder leur préférence à des programmes sociaux plutôt qu’à des programmes militaires».

Leur position peut également leur permettre d’intégrer dans ces politiques les besoins des femmes : la Présidence de Michèle Bachelet à la tête du Chili illustre bien ce fait. « Dans toutes nos interventions en tant que gouvernement,[..] nous avons intégré sur toute la ligne une approche sensible aux sexospécificités, en adoptant des mesures conçues pour bénéficier aux femmes ».

Sources : Les femmes, le pouvoir et la politique (International Museum of Women) - Opening the doors for women participation (Banque Mondiale) - Whispers to voices: gender and social transformation in Bangladesh (Banque Mondiale) - International Center for Research on Women : “Women help solve hunger : why is the world still waiting” - Rapport de la CIA 2008 : “comment sera le monde en 2025 ?”



II - LUTTER CONTRE TOUTES LES FORMES DE DISCRIMINATION ENVERS LES FEMMES


3. S’assurer que dans son propre pays la législation est compatible avec la convention de l’ONU sur « l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes » (convention CEDAW -1979), et qu’elle est respectée dans les faits.


4. Soutenir les gouvernements des pays en développement dans leurs actions visant à faire respecter les droits des femmes. Cet accompagnement diplomatique, technique et financier permettra de :

 

  • Rendre compatible la législation des pays concernés avec la convention CEDAW de l’ONU et la faire respecter dans les faits. La législation doit en particulier considérer toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles comme des crimes passibles de poursuites et renforcer les droits des femmes en matière de transmission de patrimoine
  • Assurer aux femmes le libre choix dans la conduite de leur vie familiale, affective et sexuelle
  • Mettre en œuvre des campagnes de sensibilisation visant à promouvoir les droits des femmes.

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Discriminations juridiques et sociales

« Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. », affirme l’article 7 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
Pourtant, dans certains pays, la loi légitime des discriminations subies par les femmes. Elles se voient ainsi privées du droit d’être élues, de travailler, d’être propriétaire, de s’exprimer et de se réunir librement ou de défendre leurs droits devant la justice. Pourtant, 185 pays à ce jour ont ratifié la Convention des Nations unies sur l’Elimination de toutes formes de discriminations envers les femmes (CEDAW).

Mais c’est la persistance des traditions au sein de la société, préjudiciables aux droits des femmes, qui engendre les plus fortes discriminations à leur égard.

Ainsi, les femmes sont les principales victimes :

- des violences physiques et psychologiques : une femme sur trois subit au cours de sa vie des violences physiques ou sexuelles,
- des infanticides : 80 millions de filles manqueraient en Inde et en Chine,
- de mariages forcés : 51 millions de filles de moins de 19 ans sont mariées dans le monde,
- de trafic d’êtres humains et d’exploitation sexuelle : 80% des personnes victimes de trafic d’êtres humains sont des femmes.

Enfin, dans la majorité des pays en développement, « les femmes n’ont qu’un pouvoir de décision limité dans les domaines essentiels, tels que ceux de leurs propres soins de santé ou des achats importants », selon le Fond de développement des Nations unies pour les femmes. Ainsi moins de 20% des femmes, toute région confondue (hors pays développés) ont le dernier mot sur les décisions concernant les achats importants.


Conséquences des discriminations

Ces discriminations nuisent profondément au bien-être physique et psychologique des femmes, à leurs capacités à accéder aux moyens de production et à des emplois rémunérés, et ainsi à améliorer leurs conditions de vie.

Selon une étude de l’Organisation Mondiale de la Santé, « les femmes qui avaient été confrontées à la violence physique ou sexuelle d’un partenaire étaient sensiblement plus nombreuses à faire état d’une mauvaise ou très mauvaise santé que les autres ». De plus, les femmes maltraitées étaient plus nombreuses à connaître des difficultés pour se déplacer et se livrer à leurs activités quotidiennes. Par ailleurs, ces traumatismes ne font qu’accroître la probabilité pour ces femmes de subir d’autres discriminations.

Sources : Human Rights Watch - International Center for Research on Women - Organisation mondiale de la Santé - Organisation des Nations unies - The Lancet - UNIFEM – « Le progrès des femmes à travers le monde 2008/2009 ».

 


III - AMELIORER L'ACCES DES FEMMES ET DES FILLES AUX SERVICES ESSENTIELS (santé, éducation, nutrition) et AUX RESSOURCES DE BASE (eau, terre, énergies renouvelables), CONTRIBUER A LEUR AUTONOMIE FINANCIERE  


5. Renforcer de façon significative l’aide publique au développement et mettre en place un nouveau système de financement international afin de respecter les droits universels économiques et sociaux. Cette aide publique au développement devra :


  • Assurer à chacun l’accès à la santé, à l’éducation et aux ressources de base (eau, terre, énergies renouvelables). Doivent être prioritaires le renforcement des moyens pour la santé maternelle et la réduction des inégalités hommes-femmes en ce qui concerne l’accès à l’éducation et à la terre.
  • Renforcer massivement les agricultures familiales dans les pays pauvres, afin de :
    - Lutter de façon efficace contre la faim dans le monde
    - Assurer des revenus aux femmes
    - Préserver l’environnement.
  • Améliorer les revenus des femmes et leur autonomie financière par la mise en place de dispositifs nationaux favorisant : l'accès des femmes au crédit (micro finance, méso finance), l’accès à la terre, le renforcement des organisations professionnelles féminines, l'accompagnement à la création et au développement d’activités économiques et de micro-entreprises.

 

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Un accès insuffisant aux ressources de base et aux services essentiels

Moins de la moitié des femmes dans les pays en développement bénéficient de soins prénataux adéquats. En 2006, selon la Banque mondiale, 43 millions de filles n’étaient pas scolarisées. L’accès à une eau potable reste impossible pour plus d’un milliard de personnes. Un bilan très pessimiste pour l’accès aux services et ressources essentiels.

Pourtant, l’accès à ces services et ressources de base (santé primaire, éducation, eau) a un impact certain : il permet, par exemple, de réduire la mortalité maternelle et infantile ou prévenir le paludisme. Il est essentiel pour permettre aux femmes de trouver des emplois rémunérés et de valoriser leur rôle au sein de leur famille et de leur village. De plus, sur le long terme, l’accès aux ressources de base favorise la participation des femmes aux processus de décision, ainsi que la réduction du taux de fécondité et l’éducation des prochaines générations. La lutte contre la pauvreté ne peut donc s’envisager sans l’accès à ces services et ressources de base : l’éducation des filles par exemple a participé à réduire la malnutrition infantile de 43% entre 1970 et 1995.


L’agriculture : un outil essentiel de développement

Plus d’un milliard de personnes meurt de faim dans le monde selon l’Organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture. La situation s’est considérablement aggravée ces deux dernières années du fait de la hausse brutale du prix des matières premières et de la crise économique mondiale.

« Une grande partie des victimes de la faim et de la pauvreté sur la planète sont les petits agriculteurs des pays en développement qui auraient pourtant le potentiel, non seulement de subvenir à leurs propres besoins, mais aussi de renforcer la sécurité alimentaire et de contribuer à une croissance économique plus large. » nous rappelle le président du Fonds International pour le Développement Agricole. C’est pourquoi le soutien à l’agriculture paysanne est une condition majeure pour lutter durablement contre la faim. De plus, ce type d’agriculture permet aux familles d’obtenir une source de revenus indispensable pour sortir du cycle de la pauvreté.

L’appui à l’agriculture est d’autant plus important que la plupart des agriculteurs sont des femmes (80% en Afrique et 60% en Asie). C’est donc un outil essentiel de soutien aux femmes.


L’autonomie financière : un objectif final

L’accès aux ressources et services de base et le soutien à l’agriculture doivent favoriser à terme l’autonomie financière des femmes. La Banque Mondiale a ainsi mis en évidence qu’une année de scolarisation secondaire induit une augmentation des revenus de 10 à 20%. Cette autonomie leur permet d’accroître leur pouvoir et leur influence sur la société.

Pourtant, les femmes n’ont qu’un accès limité aux outils qui leur permettraient de sortir de la pauvreté et de parvenir à une autonomie durable. En effet, l’accès au crédit reste plus difficile pour les femmes que pour les hommes : ainsi, selon la Banque mondiale, les femmes africaines reçoivent moins de 10 % de l’ensemble du crédit destiné aux petits agriculteurs. Il en va de même pour l’accès à la terre. Ainsi, au Cameroun, 10% des titres de propriétés sont au nom de femmes alors qu’elles assurent plus de 75% du travail agricole.

Sources : Organisation Mondiale de la Santé - International Center of Research for Women - Banque mondiale - Programme des Nations unies pour le Développement - Fonds des Nations unies pour l’enfance.

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