Les femmes du monde unies pour le changer
Shiva Vandana

Shiva Vandana

Inde

Physicienne, philosophe, écoféministe, militante, écrivain

Shiva Vandana, figure emblématique du mouvement altermondialiste, femme engagée pour l’environnement et le développement durable. Son but : changer les pratiques agroalimentaires.

 

Shiva Vandana prend depuis longtemps fait et cause pour l’agriculture bio et les droits des agriculteurs. En Inde, elle a été une des premières militantes à lutter contre le piratage biologique, la mondialisation et les aliments et cultures génétiquement modifiés.

 

A ce jour, Shiva Vandana est l’un des leaders du Forum international sur la Mondialisation et une figure centrale du mouvement altermondialiste. Persuadée qu’une autre voie est possible face à la mondialisation et la production à haute intensité, dès 1982 elle crée la Fondation de recherche pour la science, la technologie et l’écologie. Cet institut est dédié à la recherche de solutions pour faire face aux questions sociales et environnementales de notre époque.

 

Une des initiatives les plus connues de la Fondation, l’association « Navdanya » œuvre à la conservation de la biodiversité et à la protection des droits des fermiers. Il s’agit de soutenir les agriculteurs locaux, sauver et conserver les plantes menacées d’extinction et les commercialiser.

L’association s’est, entres autres, dotée d’une banque de semences dont ont pu bénéficier 10000 agriculteurs de plusieurs pays de la région.

 

Shiva Vandana associe les femmes à son action. Pour elle, une approche de développement durable et productive de l’agriculture ne peut se faire qu’avec un système facilitant l’implication des femmes. Elle plaide donc contre le modèle patriarcal qui tend à les exclure. Pour ce faire, elle développe l’initiative Diverse Women for Diversity qui vise à faire entendre les voix des femmes de terrain au sein des forums internationaux. Au fil des années, cette initiative a évolué, devenant un mouvement pacifiste d’opposition à la mondialisation.

 

Femme engagée depuis longtemps, Shiva Vandana participe dès les années 1970 au mouvement Chipko, un groupe de villageois principalement composé de femmes, qui s’oppose à la déforestation dans un but commercial. L’action est simple : étreindre un arbre pour éviter qu’il ne soit abattu. Dans les années 1980, elle se bat contre la construction de barrages bouleversant l’écosystème et contraignant des millions d’agriculteurs à quitter leurs terres.

 

Son engagement est reconnu par la communauté internationale. Pour avoir remis les femmes et l’écologie au cœur des discours sur le développement, elle reçoit en 1993 le Prix Nobel Alternatif. La même année, elle se voit décerner le Global 500 Award par le Programme des Nations unies pour l’Environnement. Les Nations unies la récompensent aussi par le Prix de la Journée internationale de la Terre pour son engagement en faveur de la protection de la planète et de l’exemple qu’elle représente pour le reste du monde. Plus récemment, elle reçoit en 2009 le Prix Save the world.

 

Extrait de son interview pour le courrier de l'UNESCO en 1992 :

"La notion de " principe féminin " n'est fondamentalement qu'une traduction du mot prakiti, une force qui se trouve dans la nature et dans toutes les formes de vie qui nous entourent, qui existe chez l'homme et la femme. Selon moi, l'essor du patriarcat moderne a eu tendance à mutiler le principe féminin dans toute sa plénitude, et a notamment tenté de le refouler complètement chez l'homme. Dans une certaine mesure, l’essor d'un type masculin de connaissance, de production et de domination a permis de détruire ce qui était essentiel à la société — aux hommes comme aux femmes. 

Je ne peux m'imaginer que ces forces créatrices de la nature féminine puissent à nouveau s'épanouir et s'exprimer pleinement sans affecter aussi les hommes. Ils auront le choix entre deux solutions : soit ils réagiront violemment vis-à-vis de l'insécurité et du sentiment de médiocrité que cet épanouissement fait naître ; soit, comme il faut le souhaiter, un nombre croissant d'entre eux se rendront compte de leur appauvrissement, et reconnaîtront le principe féminin comme une force créatrice qui fait passer l'éducation avant la domination, la survie avant la destruction, les valeurs d'expérience et le savoir empirique avant les abstractions et les grandes théories. Ce sont là des valeurs suffisamment universelles pour que les hommes les reconnaissent et les soutiennent."

 

 


Les femmes et l’agriculture


  • Plus d’un milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde. Or, les 3/4 des personnes les plus pauvres vivent de l’agriculture. C’est donc un outil essentiel de lutte contre la pauvreté et la malnutrition.
     
  • Les femmes sont particulièrement concernées car elles représentent une forte proportion des agriculteurs (60% en Asie et 80% en Afrique). De plus, elles produisent entre 60 et 80% de la nourriture dans les pays en développement. Pourtant, elles n’ont qu’un accès limité à la propriété terrienne: moins de 2% des terres sont détenues par des femmes.

  • Un autre modèle d’agriculture plus durable est essentiel : la « Révolution verte » a permis d’augmenter la production agricole et de réduire la malnutrition dans de nombreux pays. Mais les conséquences sur l’environnement se payent aujourd’hui : utilisation massive d’engrais et mauvaise gestion de l’eau.

Sources : Centre international de recherche pour les femmes – Organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture – Fonds international de Développement agricole.

 

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